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Stalag VII A Moosburg: Témoignages

Lucien Krumeich

Au commando 383 à Altenerding


En 2007, je découvre sur ce site un commentaire sur un prisonnier du commando 383. Surprise! Sur les photos, j'y reconnais mon père. J'ai donc décidé de rassembler ici, les souvenirs qui me restent des récits de mon père Lucien KRUMEICH concernant sa captivité.

Il est fait prisonnier je pense en juin 1940 sur la ligne Maginot. Il est ensuite affecté au Stalag VII A, Commando 383 à Altenerding (à première vue un quartier de la ville d'Erding) a 30 km au nord est de Munich en Bavière.

La journée il travaille chez un fermier, et le soir il couche au Stalag. Il n'est pas le seul a travailler chez ce même fermier. Il y a d'autres copains prisonniers et aussi un couple de Polonais qui servent de bonniche et sont moins bien traité que les français.

Il apprendra un peu d'allemand, mais paradoxalement il se perfectionnera en Orthographe grâce a un dico de français qu'il a du dénicher ??. Il apprends aussi à cultiver la terre et s'occuper des animaux de la ferme. Heureusement on est un peu mieux traité dans les fermes que dans les autres camps de prisonniers. Mais peux de nouvelles, de courrier, juste des colis de la croix rouge.

Il entendra parler au stalag d'un aviateur tombé dans la région et dont le parachute ne c'est pas ouvert.

Tout n'est pas rose, mais parfois c'est la rigolade.

Mon père est goal dans l'équipe de foot des prisonniers.

Un prisonnier a baptisé les bœufs de son patron Goebbels et Goering. Dans les champs, il crie a tu tête leur nom. Ca fait rire tout le monde, mais cela lui vaudra des problèmes avec les autorités.

Il nous raconte qu'il était interdit de tuer plus d'un cochon par an et par ferme. La viande était principalement destinée à l'armée. Le fermier ou il était décide de passer outre. Il enferme discrètement le cochon dans une grange et décide avec l'aide des prisonniers de le tuer a coup de hache. Il loupe sont coup et voilà le cochon qui se met à hurler et à courir dans la grange. Ils arriveront à le tuer au pris d'une vraie boucherie. Résultat, le soir, au stalag, tous les copains de mon père lui on fait savoir en rigolant qu'ils avait bien compris que son patron voulait tuer un cochon vus les cris que tous le village avait entendu.

Erding est proche d'un aérodrome militaire. Mon père y voit voler sans trop comprendre les premiers avions à réaction allemand sans doute des Me 163 ou Me 262 ou autres. Beaucoup s'écrasent car c'est encore les débuts de ces machines.

Arrivent les premiers bombardements alliers sur l'Allemagne. Le ciel est illuminé par les bombardements sur Munich qui est à plus de 30 km vers le sud ouest.

L'aérodrome d'Erding n'est pas épargné. L'Allemagne n'a plus la maîtrise du ciel. Leur chasseurs ne se risquent qu'à quelques sorties. Par contre les chasseurs alliers mitraillent tout ce qui bouge y compris les paysans dans les champs. Un des fermier a tellement peur, qu'il fait enterrer dans les champs des caisses vides de moteur d'avion récupérée a l'aérodrome. Il veut s'en servir comme abri.

Il arrivera à mon père de se faire mitrailler dans les champs par des avions alliers.

Heureusement il a abandonné la charrue et les bœufs pour se mettre à l'abri.

Erding est aussi bombardé et mon père est réquisitionné pour retrouver les cadavres des civils et les enterrer.

Puis en 1945, c'est l'arrivé des troupes américaines qui vont libérer les prisonniers. Ces hommes, les GI, se battent depuis le débarquement et certains ne sont plus psychologiquement très sur. L'un d'eux, qui réclamait de l'alcool, a finalement tiré au pistolet dans le miroir au dessus du lit de mon père. Renseignement pris auprès des officiers, ce GI avait tué son meilleur copain par accident.

Période très dur aussi pour les allemands.

Un militaire noir américain trône cigare a la bouche dans le canapé du patron de mon père. Les américains distribuent aux prisonniers chocolat, cigarettes, nourriture, etc... Ils informent aussi les prisonniers qu'ils peuvent prendre ce qu'ils veulent aux allemands.

Les américains partent continuer la guerre vers l'est.

Ils proposent pour plus tard un rapatriement des prisonniers français en avion mais a condition qu'il n'aient pas plus de (je ne sais plus) 5 ou 10 kg de bagages.

Problème pour mon père et certains de ses camarades, ils ont récupérés un tas de choses des américains dans l'espoir de les ramener en France, café chocolat, cigarette et même du beurre donné par une allemande. De plus ils ne veulent pas attendre un éventuel avion.

Décision est prise de rejoindre les troupes françaises qui sont arrivées a Konstanz sur la frontière suisse allemande. La route se fera avec une carriole et des chevaux réquisitionnés.

Un tirage au sort semble avoir été fait. Peut être un peu truqué en ce qui concerne mon père. En effet on pense que ses copains se sont rendu compte qu'il était peut etre sur le point de rester en Allemagne suite je pense a une aventure amoureuse.

Konstanz (Constance) est a 213 km a vol d'oiseau vers le sud ouest, dans une région ou il y a encore des combats et des champs de mines. Finalement, un peu inconscients, ils prendront la route avec la charrette et les chevaux. Arrivé à Constance, ils sont démobilisés et les chevaux seront réquisitionnes par l'armée française. Pour rejoindre la France, ils doivent prendre le train pour Genève ou la Croix Rouge les renverra sur Paris.

© Daniel Krumeich






Top Source:

  • Courriers de Daniel Krumeich, France, à Moosburg Online, août-septembre 2007, mars 2013.
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